Une infrastructure au top... par nécessité
«Quand vos ressources sont limitées, vous n’avez guère le choix: soit vous acceptez de courir certains risques, soit vous optez pour des standards technologiques pour, au contraire, mettre toutes les chances de votre côté. Dans notre situation, la deuxième option me paraissait la plus efficace!» Alex Schaeffer, directeur informatique d’Apollonia, est responsable du parc et des ressources informatiques de la Congrégation des Sœurs de Sainte Elisabeth. Avec un collaborateur, il est seul aux commandes…
Née à Aix-La-Chapelle au début du dix-septième siècle, la Congrégation des Sœurs de Sainte Elisabeth est venue à Luxembourg en 1671 pour s’y occuper des malades et des nécessiteux. Plus de trois siècles plus tard, sa vocation n’a pas changé… même si la société, elle, a fort évolué. Via différentes ASBL, la Congrégation est aujourd’hui active dans les domaines socio-éducatif, caritatif et hospitalier à travers les hôpitaux, les maisons de retraite et de soins, les institutions pour personnes handicapées, les soins ambulants à domicile, mais aussi l’enseignement et l’éducation des enfants (écoles, foyers, crèches de jour, internats), l’assistance pastorale et la formation des adultes au sein des institutions. Elle occupe actuellement quelque 850 collaborateurs. Et, compte tenu des besoins, elle estime qu’elle franchira bientôt le seuil du millier d’ici à deux ans.
Si les ASBL sont en première ligne, Apollonia opère en «back-office». Société anonyme créée en 2000, Apollonia agit comme «société de service» pour le compte des différentes associations: ressources humaines, relation avec les mutuelles, administration, finances et, bien sûr, informatique.
Commence alors un énorme travail de centralisation et de consolidation. «Nous sommes partis d’une situation quasi anarchique, sans politique, où chaque ASBL ou institution gérait son informatique comme bon lui semblait», précise Alex Schaeffer. Il a donc fallu expliquer, justifier la démarche. Et, surtout, présenter les avantages: optimisation des ressources, renforcement de la sécurité et, bien évidemment, meilleur service aux utilisateurs.
Partenaire du projet, System Solutions.
Le projet débute en 2003 par le choix de standards tant au niveau du hardware que du software. Concrètement, cela signifie que sans condamner Linux et l’Open Source, qui ont la faveur du nouveau directeur informatique, Microsoft est préféré: Windows Server 2003 et Exchange 2003 -«des versions stables, sans surprises, qui ont fait leurs preuves». Un choix stratégique répondant au souci de centralisation à budget serré.
Mais le changement vient surtout de l’introduction de Citrix Metaframe. Très vite, à l’issue d’un projet pilote, il apparaît que Citrix s’impose comme «la» réponse aux carences de ressources. «Non seulement les solutions Citrix fournissent un accès exhaustif aux applications, commente Alex Schaeffer, mais elles diminuent également le coût et la complexité de leur déploiement du fait que toutes les applications sont installées, mises à jour et administrées sur des serveurs centralisés, et non sur chaque poste de travail.» Bref, un changement radical, synonyme d’économies.
Les solutions Citrix permettent aussi d'accéder à des applications de façon plus performante et plus fiable, et ce même sur des connexions dont la bande passante est fortement sollicitée. En effet, l'intégralité des applications s'exécute sur le serveur; seuls les frappes au clavier, les clics de souris et les actualisations d'écran sont acheminés sur le réseau, entre le client et le serveur.
Autre évolution majeure, la virtualisation des 30 serveurs en production à travers VMware. Celle-ci s’inscrit dans la phase 2 du projet, initialisée au début de 2006. «Notre objectif étant renforcer la disponibilité et d’optimiser l’administration, nous avons trouvé dans la virtualisation la façon d’isoler des charges de travail tout en améliorant le contrôle granulaire de toutes les ressources informatiques et d’I/O du système», confirme Alex Schaeffer. De là, aussi, une série d’avantages non négligeable pour la petite équipe IT: réduction du coût total de propriété des serveurs, augmentation du taux d’utilisation des serveurs, amélioration de l'efficacité opérationnelle et, enfin, amélioration de la gérabilité.
Tant qu’à rationaliser, Apollonia opte pour les HP ProLiant BL25p, des serveurs 2 CPU Dual Core AMD Opteron. «Non seulement nous avons pu réduire le volume occupé de quatre racks à un seul, mais nous gagnons à différents niveaux: facilement évolutives, ces lames s’installent et peuvent être remplacées en quelques secondes; elles consomment moins d’énergie et présentent des fonctions de haute disponibilité -alimentations redondantes, disques hot-plug et connectivité SAN redondante. Qui plus est, elles ont été conçues pour une administration sans console: pas besoin de câble clavier, vidéo ou souris…»
Côté stockage, Apollonia a retenu NetApp. Un choix pour le moins déterminé: consolider le stockage dans un but d’unification et d’optimisation et cela quelles que soient les structures de connexion utilisées. Les systèmes FAS 3020 de NetApp autorisent un accès partagé aux données d’environnements multiples tout en prenant en charge simultanément les SAN Fibre Channel, iSCSI et le stockage NAS. Qui plus est, ces systèmes hautes performances offrent un taux de disponibilité attesté supérieur à 99,99%. «Nous voulions une infrastructure de stockage réellement flexible, pouvant être monitorée à distance. En plus, le service de NetApp est réputé. C’était, pour nous, un complément d’assurance aux serveurs HP que nous étions en train d’installer.»
Aujourd’hui, les sauvegardes sont faites en snapshots. Ici encore, un choix stratégique pour Alex Schaeffer. La technologie snapshot fournit une copie instantanée d'un système de fichiers, permettant ainsi aux entreprises de mettre en oeuvre des solutions de protection des données, allant de la restauration d'un seul fichier à une reprise sur incident complète. Qui plus est, NetApp Snapshot n’impacte pas les performances. «Avec NetApp Snapshot, il n'est pas nécessaire de copier les données d'un emplacement de stockage à un autre pour réaliser les copies, continue Alex Schaeffer. Les copies snapshot peuvent donc être réalisées en moins d'une seconde, indépendamment du volume de données et du niveau d'activité sur le système de stockage. Nous avions envisagé d’autres solutions, mais elles nécessitent un déplacement physique des données afin de créer et de conserver les copies snapshot, ce qui a des répercussions sur l'administration et les performances du système. Et cela, nous ne pouvions nous le permettre…»
Pas de petites économies! Tous les choix du service informatique sont faits en fonction des ressources, des garanties de disponibilité et de sécurité. Cette restructuration a également vu un changement d’opérateur télécom. La solution de trunking de Visual Online a permis de réduire la facture des communications (ADSL plutôt que lignes louées) de 80%. Avec , en moyenne, 90 postes connectés quasi en permanence, ça compte!
Apollonia ne s’arrêtera pas là. Elle poursuit, actuellement, le remplacement des PC par des Thin Client de Fujitsu Siemens Computers. «Le concept de client léger renforce notre investissement en Citrix, confirme Alex Schaeffer. C’est actuellement la meilleure façon de résoudre les problèmes de gestion et de support technique en permettant un contrôle des applications et des fichiers de données à partir d’un point unique… Déployer, configurer, gérer et supporter les applications d’un seul endroit! Il y a trois ans c’était un rêve. Aujourd’hui, nous y arrivons.» Progressivement, c’est à préciser. Actuellement, 80 Thin Clients sont opérationnels. Faute de moyens, le remplacement s’étale dans le temps. Mais la tendance est là. Apollonia suit sa logique.

